Giacomo Matteotti, député italien socialiste est assassiné par un groupe armé fasciste le 30 mai 1924. Ce meurtre provoque un choc dans tout le pays, même au sein des soutiens de Mussolini. De fait, l’opposition du gouvernement au sein du parlement (élu en 1924) comportant les socialistes (unitaire et maximaliste), les libéraux et les communistes, refusent de se rendre au parlement et se retire sur l’Aventin comme la plèbe romaine l’avait fait pour protester contre le Sénat. Cependant un désaccord grandissant provoque une rupture avec les communistes.

Le PCd’I

Les communistes sont dirigés par Gramsci qui a été désigné secrétaire générale récemment et qui, mène un combat contre le bordiguisme qui refuse tout compromis avec l’entrée au parti de groupes socialistes. En 1924 donc, Gramsci réussit à faire adhérer au parti une section socialiste révolutionnaire avec le soutien du conseil du parti.

Portrait de Antonio Gramsci
Portrait de Antonio Gramsci

Le Retrait à l’Aventin

Et donc cette rupture avec l’opposition provient des communistes de Gramsci qui proposent une grève générale des travailleurs afin d’appuyer la grève parlementaire. Mais ça a été refusé car pour l’opposition, c’est juste une tentative des communistes de mener le mouvement. Gramsci revient sur ces personnes qu’il décrit avec “des paroles fortes, mais aucune volonté d’agir”.

Les événements se passent et un fasciste est assassiné à son tour, Casalini. Cependant cela renforcera la violence et le contrôle des forces paramilitaires fascistes sur les ouvriers et le parti communiste. Les communistes déjà mis sur la touche, propose une dernière chose aux opposants socialistes et libéraux, la mise en place d’un anti-parlement composé des partis d’opposition d’où le peuple pourra s’appuyer. Cela a été refusé immédiatement et entérine l’idée d’un rapprochement avec les socialistes. Les communistes cessent alors la grève parlementaire dans l’Aventin.

Le 3 janvier 1925, Mussolini proclame un discours devant le parlement de nouveau entier, qui amène une accélération de la fascisation de la société et du gouvernement (mise en place d’un conseil fasciste, parti unique, presse illégale…)

Que retenir de ce moment historique pour l’Italie ? Le fascisme a gagné (par la violence et l’appareil d’État) lors d’un moment de division au sein de la gauche. Malgré une certaine division au sein du Parti Communiste d’Italie, ils restent très unis dans la lutte et dans un respect idéologique. Alors que le parti socialiste divisé entre le parti unitaire et maximaliste ne manque pas de les unir dans le réformisme dont ils seront accusés de “semi-fascisme” par de nombreuses presses. Ce terme provient d’une idée qu’ils ne vont réformer que le système fasciste actuel dont ils vont s’appuyer à leur tour. Mais alors que le révolution n’a même pas eu le temps d’émerger en tant qu’idée dans les neurones socialistes, des signes auraient pu faire marcher une opposition socialo-communiste contre Mussolini. Lors de la période aventine, une grève de 10 minutes en mémoire de Matteotti dans les usines avait eu un succès retentissant, en plus de la presse communiste (l’Unita) qui tirait de plus en plus de titres pendant cette période.

Faites vos propres avis, mais l’expérience de l’Aventin montre que la main tendue au nom de l’antifascisme ne sera acceptée que si les volontés révolutionnaires seront abrogées au nom du grand principe d’unité. Foutaises.